Santé

Mercredi 4 novembre 2009

LE PLFSS MET LES DÉPENSES DE MÉDICAMENT À LA DIÈTE

Haro sur les "génériques obligatoires"

Votée dans le cadre du projet de loi de financement de la Sécurité sociale (PLFSS), l’obligation pour les médecins de prescrire – à efficacité thérapeutique équivalente et sauf raison tenant au patient – dans le répertoire des génériques, sous peine de sanction, fait bondir les syndicats médicaux. Tous dénoncent un système inapplicable et une entrave à la liberté de prescription.

ADOPTÉ la semaine dernière, quasiment sans débat, à l’initiative des rapporteurs UMP Yves Bur et Jean-Pierre Door, un amendement au PLFSS 2010 soulève une vague d’hostilité dans la profession. Cet article prévoit « lorsqu’il existe plusieurs alternatives médicamenteuses à même visée thérapeutique » que « le médecin prescrit un traitement médicamenteux figurant au répertoire des groupes génériques, à moins que des raisons particulières tenant au patient ne s’y opposent » (raisons non précisées par le législateur au demeurant).Obligation? Incitation poussée? Les médecins récalcitrants en tout cas s’exposeront à une sanction de leur caisse locale sous la forme de la mise sous entente préalable de leurs prescriptions.

L’objectif, sur le papier, est assez simple. Il sagit lorsque le traitement le permet de combattre le déplacement des prescriptions vers des médicaments en dehors du répertoire des génériques, phénomène que l’asurance-maladie juge « particulièrement marqué » dans notre pays. Quelques dizaines de millions d’euros par an seraient en jeu. Trop souvent en effet, argumentent les rapporteurs, les praticiens privilégient, dans une classe thérapeutique, les médicaments récents (que le pharmacien ne peut pas substituer) plutôt que les molécules plus anciennes déjà génériquées. Lors du débat dans l’hémicycle, le député alsacien Yves Bur a cité « l’exemple le plus emblématique, celui du Mopral » (oméprazole), un antiulcéreux du laboratoire AstraZeneca dont le brevet est tombé dans le domaine public en 2004. Ce même laboratoire avait anticipé la venue des génériques en commercialisant un nouveau médicament, l’Inexium, qui a percé de façon spectaculaire sur le marché des antiulcéreux. Beaucoup d’autres exemples existent. Pour Jean-Pierre Door, « orienter les prescriptions vers le répertoire des génériques permettra des économies très conséquentes pour l’assurance-maladie, à qualité de traitement égale pour les patients ».

Après l’engagement des pharmaciens à accroître les taux de substitution (82 % aujourd’hui), après la disposition « tiers payant contre générique » qui oblige les patients à accepter un générique pour bénéficier de la dispense d’avance des frais, après la possibilité de prescription en dénomination commune (peu utilisée), et tout récemment la mise en place des CAPI (contrats individuels au mérite qui comportent des objectifs chiffrés de prescription dans le répertoire générique), il ne s’agirait donc que d’une énième mesure visant à « booster » le marché des génériques (qui ne représente que 11 % du chiffre d’affaires du médicament en France et seulement 22 % des boîtes).

« Pathétique » et « scandaleux ».

Une mesure de plus ? Pas si simple… Les syndicats de médecins libéraux condamnent à l’unisson ce dispositif attentatoire, selon eux, à l’un des fondements de l’exercice libéral : la liberté de prescription.

« Le choix d’un médicament ou d’un autre relève de la responsabilité de chaque praticien dans l’intérêt de ses patients bien loin des préoccupations de l’assureur qui n’a d’autre intention que de permettre d’éventuelles nouvelles économies » accuse MG-France. Son président, le Dr Martial Olivier-Koehret, fustige une mesure qui, si elle était définitivement adoptée, risque de « pourrir la vie des médecins généralistes » pour une économie « dérisoire ». Même son de cloche, pour une fois, à la CSMF, qui dénonce « l’encadrement inacceptable de la pratique médicale » et une « ingérence dans la politique conventionnelle ».Pour le Dr Michel Chassang, président de ce syndicat, cet article n’a « ni queue ni tête ». « Qui autorise la sortie des nouveaux médicaments ? Qui a autorisé la sortie de l’Inexium ? Pas les médecins, que je sache ! Sous prétexte qu’ils ne prescrivent pas dans le répertoire, les généralistes pourraient se voir imposer une procédure humiliante d’entente préalable, c’est à la fois inapplicable et scandaleux ». Ce texte serait également « en totale contradiction » avec la politique actuelle du générique qui repose sur le droit de substitution accordé aux pharmaciens. Pour le Dr Claude Bronner, coprésident d’Union Généraliste (UG), « il y a un problème technique : si la prescription des génériques devient obligatoire [ce n’est pas ce que dit formellement le texte qui prévoit des nécessités particulières tenant au patient, NDLR], on peut jeter le princeps ! ».Consternation aussi au SML. « C’est un amendement pathétique qui ne sert à rien, juge le Dr Christian Jeambrun. On aura du mal à expliquer aux médecins qu’un médicament qui a été autorisé sur le marché ne doit plus être prescrit. Et pour le reste, très peu de médecins mentionnent " non substituable ". »

Du côté des « génériqueurs » en revanche, on accueille très favorablement l’adoption de cet article. « On est en train de passer du générique " recours " au générique " préférence ", c’est très bien. Plus les médecins seront impliqués, mieux ce sera », déclare Hubert Olivier, vice-président de Gemme (qui réunit la quasi-totalité des laboratoires de médicaments génériques).

Reste à savoir si cette disposition, que Roselyne Bachelot n’a pas repoussé à l’Assemblée nationale, franchira le cap du Sénat. La Haute Assemblée examinera le PLFSS dès la semaine prochaine et il est probable que le débat sur la nécessité de prescrire en génériques, sanction éventuelle à la clé, aura lieu.

› CYRILLE DUPUIS

Le Quotidien du Médecin du : 04/11/2009

Par Véronique Jouve
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Samedi 14 février 2009
Lu dans la Tribune : 

Que ce soit dit clairement : libéraliser les laboratoires d'analyses médicales, dans la mesure où ceux-ci constituent un maillon essentiel du parcours de soins, signifie amorcer un mouvement de libéralisation qui s'étendra rapidement aux autres professions libérales de santé, comme les sages-femmes et les pharmaciens, et qui a vocation à englober l'ensemble de l'offre de soins. On ne peut donc, sans être inconséquent, présenter le projet de loi comme devant préserver notre système solidaire et permettre, avec ce même projet, à des groupes financiers de posséder des laboratoires.

> Il n'est pas acceptable non plus que l'Europe serve d'alibi à cette mesure incongrue. Certes, un groupe financier très actif à Bruxelles a saisi la Commission européenne à deux reprises pour obtenir l'ouverture du capital des laboratoires d'analyses français à des investisseurs non-biologistes au-delà des 25% autorisés par la loi de 1990. Cette deuxième plainte a déclenché une investigation au siège de l'Ordre national des pharmaciens les 12 et 13 novembre derniers. Elle est fondée sur une assimilation contestable des services d'analyses à des services marchands.

> Mais il n'existe aucune directive européenne relative à la libéralisation des professions libérales de santé qui puisse contraindre la France. Il n'existe pas non plus de législation européenne classant les laboratoires d'analyse dans le domaine des services marchands, les débats houleux de la directive "Bolkestein" ayant tranché.

> Le projet de libéralisation des laboratoires d'analyses médicales est contraire au souhait de solidarité exprimé par 85% des sondés (sondage BVA, AFP 8 octobre 2008) et il est sourd aux enseignements de l'expérience américaine. Comme il découle d'une initiative imputable au seul gouvernement français, ne laissons pas passer l'occasion d'un débat national qui pose clairement les conditions de la pérennité de notre système de santé.
>  http://www.latribune.fr/opinions/20090212trib000343185/la-liberalisation-du-systeme-de-sante-nest-plus-a-la-mode.html
Par Véronique Jouve
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Vendredi 9 janvier 2009
Je publie ici mon intervention sur un forum UMP ( http://www.umpnet.org/adm/index.php?section=/debats_ump/main_list&idtype=8#./ajax.php?section=/handleBloc/handle_change_blocs_page&page=home.php )

car je suis sure que le modérateur va intervenir.

Le sujet était "faut-il avoir peur de l'hôpital ?" il y a une petite vidéo que je vous invite à regarder

Et voici mon commentaire :

En France nous n'avons pas assez de personnel de santé pour que le travail soit fait vis-à-vis de la santé en amont de l'hôpital et même en amont du médecin en tant que soignant : éducation à la santé, prévention...etc
En France nous n'avons maintenant plus assez de médecins, ni d'infirmières, ni petit à petit de dentistes...etc
Donc les patients atterrissent à l'hôpital soit en état grave, soit parce qu'ils n'ont pas trouvé de médecin libre soit les deux !
Et comme à l'hôpital il y a aussi un manque criant de personnel soignant !!! (entre autre par rapport à un administratif pléthorique)... On ne voit pas comment le système peut tourner et les accidents évités.

Les différents numerus clausus ont tué la médecine française, maintenant les conséquences de 30 ans de ce système commencent à tuer des Français.

Il règne un dogme solide auprès de la classe politique et ceci depuis au moins 30 ans : Pour diminuer les dépenses de santé il faut diminuer l'offre de soins !

Or c'est faux.

Plus l'offre de soins est faible plus les gens sont vus tard dans la maladie, plus celle-ci est grave et plus la soigner coûte cher ! ça parait évident, mais ce qui est moins évident c'est à quel point c'est énorme !

Etudier les statistiques de la sécurité sociale est édifiant d'ailleurs :
1/3 des remboursements couvrent les dépenses de presque 90% des Français
1/3 des dépenses couvrent environ 10% des personnes avec une maladie chronique dont les fameux ALD.
1/3 des dépenses couvrent les dépenses de 1% de la population qui sont pour la plupart issus du groupe précédent mais mal suivis !

Les Français coûtent cher à soigner par manque d'éducation à la santé, par manque de prévention, par manque de dépistage, par manque de suivi...etc

DONC par manque de soignants qui peuvent intervenir à tous ces niveaux.

Toutes les décisions prises par nos politiques depuis 30 ans visent à restreindre l'accès au soins et là ça devient indécent car il est faux de dire que la France a le meilleur système de santé au monde, la meilleure couverture sociale surement le meilleur système de santé sûrement pas !!!

Lire cette étude : Selon l'Indice européen 2008 des consommateurs de soins de santé. Première de ce classement européen en 2006, la France est donc tombée à la 10e place parmi les systèmes nationaux des 31 pays examinés et se situe "juste au-dessus de la moyenne", souligne cette enquête annuelle sur les soins de santé en Europe. Dans six catégories comportant 34 indicateurs de performance, la France affiche un score de 695 points sur 1000, loin derrière les 839 points attribués aux Pays-Bas, premier du classement 2008. La Lettonie est dernière avec 449 points. En cause, la mise en place chez nous du parcours de soins qui nuirait à l’accès aux soins selon les auteurs. "La France est en train de développer assez rapidement un problème de délais d'attente. La fonction de filtres, récemment introduite, devrait être abolie avant de créer de sérieux problèmes", averti le Docteur Arne Björnberg. Et ce directeur de recherche pour l'Indice d’insister : « Rien ne prouve que le filtrage de l'accès aux soins primaires permet de faire des économies. Restreindre l'accès aux soins des spécialistes est probablement une solution inappropriée". La France est par ailleurs dénoncée pour être "un des six Etats d'Europe dans lesquels se pose le problème des dessous-de-table versés aux médecins", souligne l'organisme d'analyse et d'information Health Consumer Powerhouse, qui réalise cet indice. Sans commentaire ! 
 
Par Véronique Jouve
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Lundi 17 novembre 2008

Les politiques doivent arrêter de faire n'importe quoi en terme de réforme de la santé !

Vingt ans de mauvaise gestion de la démographie médicale commence à se payer : on est obligé de recruter de plus en plus de médecins étrangers pour nos hôpitaux, les délais d'attente en privé commencent à s'allonger sérieusement, nos facultés n'ont plus les moyens de former assez de médecins alors un grand nombre de nos enfants partent se former à l'étranger !...

Tout cela est grave et une médecine à 2 vitesses est en train de s'installer. Mais les dernières mesures ont elles des effets catastrophiques rapides sur la qualité de la santé en France. (lire l'article édifiant à suivre)

Aujourd'hui le gouvernement s'apprête à ouvrir une brèche dans notre système libéral de santé en autorisant les groupes financiers à devenir propriétaires de sociétés d'exercice libéral de santé.

Ma profession attaquée en premier dit STOP afin de protéger les autres professions de santé et la santé des français.

Signez la pétition :

http://www.lasanteauxencheres.fr/edito.php


Et lisez les conséquences des dernières mesures de nos politiques si clairvoyants :

Mauvais points pour notre système de soins

Deux études jettent le trouble sur les performances de la France et placent l’Hexagone tout juste dans la moyenne européenne en matière de morbidité et d'accès aux soins.

Huit ans après la publication du classement de l'OMS, qui plaçait la France en tête du palmarès des systèmes de santé les plus performants, la France est-elle encore dans le peloton de tête au moins parmi les pays européens ? Plus vriament, semble-t-il. Deux études portent en effet cette semaine un regard mitigé sur la qualité de notre système de santé. La première est cependant la plus flatteuse : selon des travaux, menés dans le cadre de l'Observatoire européen des espérances de santé, et publiés lundi par Le Lancet, la France est très proche de la moyenne européenne pour l’espérance de vie en bonne santé, avec des chiffres de 68 ans pour les hommes et 69 ans et 8 mois pour les femmes. Un classement pas mauvais, sans plus, tant le contraste apparait important au regard de la position de tête de la France en ce qui concerne l’espérance de vie en général, notamment  avec ses 85 ans d’espérance de vie pour les femmes.

A l’appui de leur constat, les chercheurs posent au passage une question dérangeante en pleine actualité hexagonale sur l’allongement de l’âge de la retraite : "sans amélioration de l'état de santé des personnes vieillissantes, repousser l'âge de départ à la retraite sera difficilement réalisable pour certains pays de l'Union Européenne", observent-ils. Pour les auteurs de l’étude, les ressortissants des 15 Etats membres les plus "anciens" de l'UE ont néanmoins en général une espérance de vie et une espérance de vie "en bonne santé" plus longues que les derniers entrants. Ils ont également montré qu'un fort produit intérieur brut (PIB) et des dépenses de santé élevées sont associés à une meilleure santé des personnes après 50 ans.

 

Le parcours de soins montré du doigt

Une deuxième étude publiée récemment porte un regard encore plus critique sur le système de soins Français. Montré en exemple en Europe par les mêmes auteurs, il y a encore deux ans, il serait aujourd'hui "juste au-dessus de la moyenne" à cause de nouvelles entraves à l'accès aux spécialistes, selon l'Indice européen 2008 des consommateurs de soins de santé. Première de ce classement européen en 2006, la France est donc tombée à la 10e place parmi les systèmes nationaux des 31 pays examinés et se situe "juste au-dessus de la moyenne", souligne cette enquête annuelle sur les soins de santé en Europe. Dans six catégories comportant 34 indicateurs de performance, la France affiche un score de 695 points sur 1000, loin derrière les 839 points attribués aux Pays-Bas, premier du classement 2008. La Lettonie est dernière avec 449 points.

En cause, la mise en place chez nous du parcours de soins qui nuirait à l’accès aux soins selon les auteurs. "La France est en train de développer assez rapidement un problème de délais d'attente. La fonction de filtres, récemment introduite, devrait être abolie avant de créer de sérieux problèmes", averti le Docteur Arne Björnberg. Et ce directeur de recherche pour l'Indice d’insister : « Rien ne prouve que le filtrage de l'accès aux soins primaires permet de faire des économies. Restreindre l'accès aux soins des spécialistes est probablement une solution inappropriée". La France est par ailleurs dénoncée pour être "un des six Etats d'Europe dans lesquels se pose le problème des dessous-de-table versés aux médecins", souligne l'organisme d'analyse et d'information Health Consumer Powerhouse, qui réalise cet indice.

Paul Bretagne (avec AFP)

Crédit photo Joubert/Phanie

 
Par Véronique Jouve
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Lundi 25 février 2008
Je ne peux résister au plaisir de vous annoncer cette bonne nouvelle lue dans le Figaro d'hier !
Ceux qui défendent la liberté d'intoxiquer les autres seront peut-être sensibles à ces chiffres...
Petit à petit, par une prise de conscience certaine et surtout grace au courage politique de gouvernements de droite, la santé des Français est mieux prise en compte et progresse.
Il reste encore des progrès à faire, mais aujourd'hui en période de campagne municipale je constate que le sujet de la qualité de l'air respiré est au coeur du débat.
A Lyon Dominique Perben fait des propositions concrètes sur ce sujet :
Diminution de la circulation dans Lyon par la réalisation (enfin !) du TOP periph ouest, travail sur le couloir de la chimie afin de diminuer l'emission de polluants, remise en route du plan metro moyen de transport non polluant par excellence mais aussi plus rapide que la voiture, mise en service de voitures électriques en libre service, réalisation d'une coulée verte à travers la ville... j'en passe et des meilleures !
Il n'y a pas photo pour mieux respirer il vaut mieux choisir de voter à droite !!!

Moins de deux mois après l'entrée en vigueur de la loi, un rapport remis hier à Roselyne Bachelot montre ses effets bénéfiques immédiats sur la santé.

Un mois et demi seulement après son entrée en vigueur dans les cafés, hôtels, discothèques et restaurants français, l'interdiction totale de fumer a déjà un résultat spectaculaire. Une chute brutale, de l'ordre de 15 %, des admissions aux urgences pour infarctus du myocarde a ainsi été mesurée depuis le 1er janvier 2008 (par rapport au même mois des deux années précédentes). Ce tout premier indicateur (*), issu de la base de données Oscour, géré par l'Institut national de veille sanitaire (INVS), a été communiqué hier au ministre de la Santé, Roselyne Bachelot.

« Si on extrapole à l'année, ceci conduirait à faire baisser de 10 000 le nombre d'infarctus en 2008 », anticipe le pneumologue Bertrand Dautzenberg, qui a été mandaté en 2006 par le ministère de la Santé pour coordonner l'évaluation sanitaire de l'interdiction totale de fumer dans les lieux publics. Ce bon résultat, qui intervient aussitôt après la mise en place de la mesure, s'inscrit dans une tendance déjà constatée en Irlande ou en Italie. Dans ce dernier pays, une étude vient ainsi de montrer une réduction de 11,2 % du taux annuel d'accidents coronaires aigus chez les 35-64 ans (voir nos éditions du 14-2-2008).

Par Véronique Jouve
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Jeudi 14 février 2008
Vous allez dire que j'insiste et je vais encore me faire engueuler par mes amis fumeurs ! Mais à l'heure où de nombreux lobbies essaient de faire reculer le gouvernement sur ce sujet essentiel, je pense que la diffusion d'études démontrant les effets bénéfiques pour la santé de la fin du tabagisme dans les lieux publiques est indispensable. Je vous laisse juge. N'hésitez pas à communiquer cet article à vos amis fumeurs et râleurs !!!

"L'interdiction de fumer dans les lieux publics a eu de multiples répercussions sur notre vie quotidienne, que l'on soit fumeur ou pas. Quels vont être les effets de cette prohibition sur la santé publique ? D'ores et déjà, certaines enquêtes en Europe permettent d'avoir une idée de l'impact sanitaire des lois antitabac. Cette semaine, une étude publiée dans la revue américaine Circulation révèle que le nombre des crises cardiaques a diminué de manière significative en Italie depuis l'entrée en vigueur, en janvier 2005, de l'interdiction de fumer dans les lieux publics.

Francesco Forastiere (département d'épidémiologie, administration sanitaire locale, Rome) et ses collègues ont analysé les accidents coronaires aigus (infarctus du myocarde et angine de poitrine instable) survenus à Rome sur la période 2000-2005, parmi les habitants de la capitale italienne âgés de 35 à 85 ans. Ils ont pris en compte les admissions à l'hôpital ainsi que les décès à l'hôpital ou hors hôpital.

Ils ont ainsi pu observer, après l'interdiction de fumer, une réduction de 11,2 % du taux annuel d'accidents coronaires aigus dans la tranche d'âge 35-64 ans. Pour les 65-74 ans, la diminution est de 7,9 %, tandis que, pour les plus âgés, les chercheurs n'ont pas trouvé de différence. «L'interdiction de fumer en Italie est efficace et a un réel effet de protection sur la santé», estime le Dr Forastiere. Comme en France, la loi interdit de fumer dans tous les lieux publics, y compris dans les bars et restaurants. «L'interdiction a un effet plus important sur les individus en âge de travailler et sur ceux qui passent beaucoup de temps dans des lieux publics», explique de son côté Giulia Casaroni, coauteur de l'étude.

 

Les chercheurs estiment que les bénéfices en termes de santé montrés par leurs travaux, résultent vraisemblablement d'une réduction de l'exposition au tabagisme passif. De plus, un environnement non fumeur favorise l'arrêt du tabac chez les fumeurs. L'interdiction a entraîné «une réduction de l'exposition au tabagisme passif, confirmée par une amélioration de la qualité de l'air intérieur mesurée dans les lieux publics, et une réduction du tabagisme actif, démontrée par une baisse des ventes de cigarettes, indiquent-ils." (extrait du figaro)

Par Véronique Jouve
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Dimanche 13 janvier 2008
En février 2008 se tiendront les Etats généraux de la santé, centrés sur l´accès aux soins primaires.
 
Les français doivent avoir conscience de l’énorme souci de démographie médicale qui nous attend.
 
La démographie médicale devra absolument être au cœur du débat de ces Etats généraux.
 
Aujourd’hui la question de l’accès aux soins se pose sérieusement dans plusieurs départements français, dont certains proches de la capitale. Ces départements sont déjà en pénurie de médecins généralistes malgré les aides financières conséquentes des collectivités territoriales.
 
Le phénomène ne peut que s’accentuer ! Aujourd’hui les médecins généralistes en exercice sont environ 56 000. Dans 15 ans ils ne seront plus que 36 000 !
 
Au-delà des départs massifs en retraite, l’âge moyen des médecins français étant autour de 50 ans, il y a un réel problème de nombre d’installations. Les médecins généralistes formés font ensuite pour une part trop grande d’entre eux, tout sauf de la médecine générale !
 
Pourquoi ?
 
Il y a une grave crise d’attractivité du métier !
 
Le métier de médecin généraliste, mais d’une manière plus général de toutes les professions de santé, a été trop dévalorisé depuis de nombreuses années.
 
Le discours ambiant centré sur le trou de la sécurité sociale et non sur les questions de santé, a fait de la plupart des professionnels de santé des paperassiers encombrés de tâches administratives, contrôleurs de leurs patients et contrôlés par la sécurité sociale. De plus ils sont perçus comme des voleurs qui font dépenser de l’argent à la sécu. !
Les médecins généralistes portes d’entrée du système de soin, sont particulièrement sous pression : les patients grâce à Internet pensent tout savoir, la sécurité sociale accentue les contrôles sous la pression économique. Le médecin est sans cesse culpabilisé ! Il est de plus corvéable à merci.
Plus de 50% d’entre eux ont des troubles psychologiques pouvant aller jusqu’au burn out, voire au suicide.
 
Nous payons et allons continuer à payer 20 ans de politique de santé aberrante.
Pour ne citer qu’un exemple : dans les années 90 quand les politiques ont réalisé que les dépenses de santé ne pouvaient qu’augmenter, ils ont eu une idée lumineuse !
Pour diminuer les dépenses il faut diminuer l’offre de soins ! On ferme les robinets de la formation en jouant sur les « numerus clausus ».
Depuis nous avons connu :
-          le manque d’infirmières, qu’il a fallu aller recruter dans d’autres pays européens
-          le manque de médecins hospitaliers et l’emploi massif de médecins étrangers
-          le manque d’anesthésistes et de médecins urgentistes à cause du déficit de reconnaissance pour ces spécialités très difficiles
-          la pénurie de nombreux spécialistes avec lesquels il faut parfois attendre des mois pour obtenir un rendez-vous, y compris dans les grandes villes.
-          Et maintenant le début de pénurie de médecins généralistes !
 
Même s’il faut continuer d’agir sur les numerus clausus, dans le sens de l’ouverture, chose qui a quand même été réalisé depuis 4, 5 ans. Ce moyen est malgré tout dépassé face au dramatique constat de la crise des vocations de professionnels de santé de terrain.
 
Aujourd’hui il est urgent de centrer les réformes sur le respect des professionnels de santé, sur l’attractivité des métiers. Il faut laisser les professionnels de santé s’occuper de la santé des français et leur faire confiance.
 
C’est de cela dont devront parler les Etats généraux de la santé
 
 
Par Véronique Jouve
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